Pour aller à l’essentiel : bien que la vente de passoires thermiques reste autorisée, elle entraîne une décote moyenne de 15% sur le prix final. Engager des travaux corrige cette moins-value, sauf pour les petites surfaces qui bénéficieront d’un nouveau calcul du DPE en 2026. Cette réforme administrative permettra à 700 000 logements de sortir de la classe G sans rénovation.
Craignez-vous que votre bien classé F ou G ne devienne un piège financier face au durcissement des normes énergétiques ? Alors que les ventes logements anciens passoire thermique marquent un léger recul en 2024, comprendre la réalité de ce marché est indispensable pour éviter une moins-value importante. Nous vous dévoilons les chiffres clés et les stratégies concrètes pour transformer cette contrainte réglementaire en opportunité de vente ou de rénovation.
- Le marché des passoires thermiques en chiffres : que s’est-il vraiment passé en 2024 ?
- Vendre une passoire thermique en 2025/2026 : quelles sont vos obligations concrètes ?
- La décote : le vrai prix à payer quand on vend sans rénover
- Le dilemme du propriétaire : rénover avant de vendre ou vendre en l’état ?
- Les aides à la rénovation : un levier pour éviter la décote
- L’avenir incertain des passoires thermiques : ce que le DPE de 2026 va changer
Le marché des passoires thermiques en chiffres : que s’est-il vraiment passé en 2024 ?
15% des ventes : le poids réel des logements énergivores
En 2024, nous observons que 15% des transactions immobilières dans l’ancien concernaient des biens classés F ou G. Ce volume reste important malgré le contexte réglementaire difficile. Les ventes logements anciens passoire thermique continuent d’alimenter le marché.
Selon l’étude des Notaires de France publiée le 7 janvier 2026, ces biens s’échangent toujours activement. Souvent qualifiés de « passoires thermiques », ils restent au cœur des stratégies des vendeurs et des investisseurs. Ce chiffre prouve que ces logements ne sont pas encore obsolètes.
Faut-il y voir un marché résilient ou le signe d’une urgence à vendre avant de nouvelles contraintes ? La question mérite d’être posée.

Un recul de 2% : décryptage d’une tendance fragile
Le chiffre clé à retenir est que les ventes de ces logements très énergivores ont connu un recul de 2% en 2024 par rapport à 2023. C’est le premier véritable signe de fléchissement du marché. La dynamique s’inverse doucement.
Cette baisse, bien que modeste, marque une rupture après des années de hausse continue. Nous y voyons l’effet direct de la prise de conscience écologique et financière. La passoire thermique fait désormais peur à certains acheteurs.
Cette tendance s’est d’ailleurs confirmée début 2025, accélérée par l’entrée en vigueur de l’interdiction de location pour les logements G. Le marché s’ajuste enfin.
Ventes en hausse ou en baisse ? démêler le vrai du faux
Vous lirez peut-être tout et son contraire sur ce sujet complexe. Si l’étude des notaires confirme un recul de 2% des ventes actées, d’autres indicateurs montrent parfois une « hausse » des mises en vente. Il faut clarifier ce paradoxe pour ne pas vous tromper.
En réalité, beaucoup de propriétaires pressés mettent leurs biens F et G sur le marché pour éviter les travaux. Mais les transactions finalisées, elles, ralentissent car les acheteurs négocient ou hésitent. L’offre augmente, mais la demande se tasse.
Le constat final est sans appel : le marché se contracte légèrement, signe d’une méfiance grandissante des acquéreurs. L’époque de la vente facile est révolue.
Vendre une passoire thermique en 2025/2026 : quelles sont vos obligations concrètes ?
Le DPE, passeport obligatoire pour toute transaction
Impossible de finaliser une vente sans un Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) valide. C’est le socle légal incontournable pour sécuriser la transaction.
Ce document dépasse désormais la simple information technique. Sa note, de A à G, doit apparaître obligatoirement dans votre annonce et influence lourdement le prix final que les acheteurs sont prêts à payer.
Une étiquette F ou G déclenche automatiquement des devoirs accrus pour le vendeur. Ce n’est plus un simple papier administratif, mais le point de départ critique des ventes logements anciens passoire thermique.
L’audit énergétique : plus qu’un simple diagnostic
Depuis le 1er avril 2023, vendre une maison individuelle ou un monopropriété classé F ou G impose un audit énergétique réglementaire. Notez que cette obligation s’étend aux biens classés E dès 2025.
Ne confondez pas ce document technique avec le DPE classique. L’audit ne se contente pas de noter l’existant ; il chiffre précisément les scénarios de travaux nécessaires pour atteindre une rénovation performante.
Nous vous conseillons de remettre ce dossier complet à l’acheteur potentiel dès la première visite. Son objectif est la transparence totale : il révèle le coût réel pour sortir le bien de son statut de passoire thermique. C’est un outil de confiance.
Peut-on encore vendre un logement classé G ? la réponse est oui, mais…
Levons un doute fréquent : oui, il est toujours parfaitement légal de vendre un logement classé F ou G. Aucune loi n’interdit la transaction, quel que soit le score énergétique actuel du bien.
La panique vient souvent de l’interdiction stricte qui frappe la mise en location. Un bailleur ne peut plus louer un bien G depuis 2025, ce qui pousse logiquement de nombreux propriétaires à vendre.
| Étiquette DPE | Obligation de DPE | Obligation d’Audit Énergétique (monopropriété) | Interdiction de location (date d’effet) |
|---|---|---|---|
| Classe A à D | Oui | Non (D prévu en 2034) | Non |
| Classe E | Oui | Oui, depuis le 1er janv. 2025 | Oui, à partir de 2034 |
| Classe F | Oui | Oui, depuis le 1er avr. 2023 | Oui, à partir de 2028 |
| Classe G | Oui | Oui, depuis le 1er avr. 2023 | Oui, depuis 2025 |
La décote : le vrai prix à payer quand on vend sans rénover
Qu’est-ce que la « valeur verte » d’un logement ?
La « valeur verte » définit l’augmentation ou la diminution de la valeur d’un bien immobilier selon sa performance énergétique. C’est un véritable indicateur économique pour votre patrimoine.
Pour une passoire thermique, nous parlons de « décote verte » ou de moins-value. Concrètement, c’est le montant que les acheteurs négocient à la baisse pour absorber le coût des futurs travaux de remise aux normes.
Cette décote n’est plus théorique : elle est une réalité financière constatée par les notaires sur tout le territoire.
Une moins-value qui peut atteindre 15% (ou plus)
L’impact est direct : la décote pour les logements F et G varie souvent de 5% à plus de 15% par rapport à un bien classé D. Pour des ventes logements anciens passoire thermique estimées à 200 000 €, cela représente une perte sèche de 30 000 €.
Cette moins-value correspond souvent au coût des travaux obligatoires. En somme, vous ne vendez pas seulement un toit, mais une dette de rénovation.
Attention, cette moyenne nationale cache des disparités : en zone rurale, la chute des prix peut être bien plus violente.
Les facteurs qui aggravent ou atténuent la décote
Cette décote n’est pas une fatalité absolue. Plusieurs facteurs entrent en jeu et peuvent moduler son ampleur lors de la vente.
Un bien exceptionnellement placé dans une zone très tendue subira une pénalité moindre. L’emplacement reste le critère numéro un, capable d’atténuer la mauvaise étiquette.
Voici les éléments clés qui influencent la note finale :
- La tension du marché local : une forte demande (zones tendues) réduit mécaniquement la décote.
- Le type de bien : une maison individuelle subit une décote plus lourde.
- Le coût estimé des travaux : plus l’audit est élevé, plus la décote est forte.
- Le potentiel après rénovation : le charme de l’ancien ou une extension possible valorisent le bien malgré tout.
Le dilemme du propriétaire : rénover avant de vendre ou vendre en l’état ?
Face à cette décote, une question s’impose à chaque vendeur : faut-il accepter la perte sèche ou investir dans des travaux pour tenter de la gommer ? C’est le cœur du problème.
Vendre vite, mais moins cher : le calcul du vendeur pressé
Qui choisit finalement de vendre en l’état ? Ce sont souvent des héritiers ou des propriétaires âgés. Ils n’ont ni le temps, ni les fonds, ni l’énergie pour gérer un chantier complexe.
Leur logique est pragmatique : ils préfèrent une transaction rapide et une rentrée d’argent immédiate, même si cela implique une négociation à la baisse. Pour eux, la tranquillité d’esprit et l’absence de tracas liés aux travaux priment sur l’optimisation financière.
C’est un choix de simplicité assumé, qui se paie malheureusement par une décote sur le prix de vente final.
Rénover pour mieux vendre : un pari sur l’avenir
L’alternative consiste à engager des travaux de rénovation énergétique avant la mise en vente. L’objectif est de faire grimper la note DPE pour sortir du statut de passoire.
L’avantage est double : non seulement on annule la décote, mais on peut même espérer une légère plus-value grâce à la « valeur verte » positive.
Le risque réside dans le coût des travaux et les délais. C’est un investissement qui demande une capacité de financement et de la patience.
Comment ébaucher votre propre calcul de rentabilité ?
Nous vous proposons une méthode simple pour que vous puissiez réfléchir. Le calcul est le suivant : (Prix de vente estimé après travaux) – (Coût total des travaux) – (Montant des aides perçues).
Il faut ensuite comparer ce résultat au prix de vente net estimé en vendant en l’état, c’est-à-dire après application de la décote potentielle.
Appuyez-vous sur l’audit énergétique pour avoir une première estimation chiffrée des travaux et […] estimer les deux prix de vente.
Les aides à la rénovation : un levier pour éviter la décote
Le calcul de rentabilité reste théorique si l’on occulte les soutiens financiers de l’État. Ces dispositifs changent la donne et permettent souvent de contrecarrer la baisse de prix observée lors des ventes logements anciens passoire thermique.
MaPrimeRénov’ : le pilier de la rénovation énergétique
C’est le dispositif central du système actuel. Accessible à tous les propriétaires, qu’ils soient occupants ou bailleurs, MaPrimeRénov’ s’ajuste selon vos ressources financières. Plus vos revenus sont modestes, plus le soutien de l’État sera conséquent.
Deux options s’offrent à vous pour ces travaux. Le parcours par geste finance des actions ciblées, comme le remplacement du chauffage, tandis que le parcours accompagné devient obligatoire pour les rénovations d’ampleur visant un saut de plusieurs classes DPE.
Notez bien que les enveloppes augmentent significativement pour les foyers modestes et pour les projets garantissant la meilleure performance énergétique globale.
Les certificats d’économies d’énergie (CEE) : une aide complémentaire
Ici, le financement ne vient pas directement des caisses publiques. Ce sont les fournisseurs d’énergie […] qui financent une partie de vos CEE pour respecter leurs quotas obligatoires.
Le point fort de ce mécanisme est qu’il est cumulable avec MaPrimeRénov’, un détail qui change tout au moment de l’addition. Cette aide s’obtient sous forme de prime, de bon d’achat ou de remise directe.
Nous vous conseillons de comparer systématiquement les offres. Les montants varient d’un fournisseur à l’autre pour un même chantier, alors faites jouer la concurrence.
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) pour financer le reste à charge
L’éco-PTZ constitue une solution de trésorerie particulièrement efficace. Il ne s’agit pas d’une subvention, mais bien d’un prêt bancaire classique dont les intérêts sont intégralement pris en charge par la puissance publique pour alléger vos mensualités.
Sa vocation est simple : financer le reste à charge. C’est la somme qu’il vous faut débourser une fois toutes les autres aides déduites du montant total.
Pour visualiser l’impact de chaque aide sur votre budget final :
- MaPrimeRénov’ : la subvention de base, dépend des revenus et de l’ampleur des travaux.
- Les CEE : la prime des fournisseurs d’énergie, cumulable et variable.
- L’éco-PTZ : le prêt sans intérêt pour couvrir ce qu’il reste à payer.
- La TVA à 5,5% : un avantage fiscal direct sur la facture des artisans RGE.
L’avenir incertain des passoires thermiques : ce que le DPE de 2026 va changer
Mais alors que les propriétaires font leurs calculs, un nouvel élément vient rebattre les cartes. Les règles du DPE elles-mêmes sont sur le point de changer.
Une nouvelle méthode de calcul du DPE au 1er janvier 2026
Savez-vous qu’une révision du mode de calcul du DPE est programmée pour le 1er janvier 2026 ? Ce n’est pas un détail administratif, cela va modifier la note énergétique de milliers d’habitations en France.
Pourquoi ce revirement soudain ? L’objectif est de corriger un biais historique qui pénalisait injustement les petites surfaces chauffées à l’électricité, en abaissant le coefficient de conversion de 2,3 à 1,9.
Cette réforme rend le diagnostic plus équitable. Elle reflète enfin mieux la consommation réelle et l’impact carbone de notre mix électrique décarboné.
700 000 logements bientôt sauvés de l’étiquette F ou G ?
Les estimations officielles sont formelles : cette réforme pourrait faire sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique (F et G). Il s’agit principalement de petits appartements, comme des studios, chauffés électriquement.
Pour vous, propriétaires de ces biens, c’est une nouvelle capitale. Votre logement pourrait mécaniquement passer en classe E, voire D, sans avoir à débourser un centime en travaux d’isolation.
Concrètement, cela signifie la fin de la décote à la revente, des obligations d’audit et des interdictions de location qui vous menaçaient.
Faut-il attendre 2026 pour vendre votre bien ? mon avis
Concernant les ventes logements anciens passoire thermique, voici un conseil direct : si votre bien est une petite surface chauffée à l’électricité, attendre peut être une stratégie judicieuse.
Le risque d’attendre est une éventuelle baisse générale du marché immobilier, mais il reste probablement inférieur au gain financier réalisé en sortant du statut de passoire.
- Identifier votre situation : votre bien est-il une petite surface chauffée à l’électricité ?
- Ne pas se précipiter : si oui, patienter jusqu’à début 2026 pour refaire un DPE peut être la meilleure option.
- Pour les autres : si votre bien est une grande maison au fioul, la réforme ne changera rien. Le dilemme rénover/vendre en l’état reste entier.
Le marché des passoires thermiques évolue, mais ne se fige pas. Que vous optiez pour la vente en l’état ou la rénovation aidée, l’essentiel est de bien calculer votre rentabilité. Avec la réforme du DPE en 2026, la patience peut parfois s’avérer payante. Analysez votre situation précise pour transformer cette contrainte en opportunité.
FAQ
Est-il toujours possible de vendre une maison avec un DPE F ?
Rassurez-vous, la réponse est oui. Contrairement à une idée reçue tenace, aucune loi ne vous interdit de vendre une maison ou un appartement classé F au Diagnostic de Performance Énergétique. Vous conservez la pleine liberté de céder votre bien, quel que soit son classement.
Cependant, nous attirons votre attention sur le fait que la vente est désormais plus encadrée. Depuis avril 2023, vous avez l’obligation de fournir un audit énergétique réglementaire en plus du DPE. Ce document permet d’éclairer l’acheteur sur les travaux à réaliser, ce qui peut influencer la négociation du prix.
Existe-t-il des logements qu’il ne sera plus possible de vendre ?
Il est important de dissiper cette confusion fréquente : à ce jour, il n’existe aucun projet d’interdiction de vente lié à la performance énergétique. Les restrictions dont on parle beaucoup dans les médias concernent exclusivement la mise en location, et non la transaction immobilière.
Ainsi, même une « passoire thermique » classée G peut être vendue sans obstacle légal. Le marché reste ouvert, bien que les chiffres de 2024 montrent un léger recul des ventes de ces biens (-2%), signe que les acheteurs sont devenus plus attentifs à la qualité énergétique.
Quelles sont les conséquences concrètes d’un DPE F en 2025 ?
En 2025, posséder un bien classé F a plusieurs impacts, principalement financiers. Si vous vendez, vous risquez de subir une « décote verte » : les acheteurs négocient le prix à la baisse (souvent entre 5 et 15%) pour compenser le coût des futurs travaux de rénovation.
Si vous êtes propriétaire bailleur, sachez que l’étau se resserre. Bien que l’interdiction de louer concerne d’abord les logements G (depuis 2025), les biens classés F seront concernés dès 2028. C’est cette perspective qui pousse de nombreux propriétaires à vendre dès maintenant.
Est-il judicieux d’acheter un bien avec un DPE F aujourd’hui ?
Acheter un logement classé F est tout à fait possible et peut même représenter une opportunité financière. En effet, ces biens affichent souvent des prix de vente inférieurs au marché, ce qui vous laisse une marge de manœuvre pour négocier.
Nous vous conseillons toutefois de bien étudier l’audit énergétique avant de signer. Il est crucial de chiffrer précisément le montant des travaux pour atteindre une classe D ou C. Si vous êtes prêt à gérer la rénovation, c’est un moyen efficace d’acquérir un bien à moindre coût tout en le valorisant pour l’avenir.